HISTOIRE DE … MEMOIRE ET PATRIMOINE DE CASABLANCA

[ 0 ] 21 mai 2017 |

Dans le cadre de l’opération Torch,  les forces américaines vont débarquer le 8 novembre 1942 à Mohammedia ex Fedala, pour préparer la libération de l’Europe.

Comment expliquer qu’un événement d’une telle importance, puisse passer à la trappe de l’oubli …

Une fois les forces de Vichy réduites au silence, à Safi, Kénitra et Casablanca, le président Roosevelt, présidera la conférence d’Anfa, pour préparer le débarquement des troupes alliés en Europe .

La conférence d’Anfa s’est tenue à Casablanca en janvier 1943, en présence de :

Roosevelt, président des Etats-unis d’Amérique , Churchill, premier ministre anglais, le Général de Gaulle, chef de la résistance Française, soutenu par les anglais, le Général Giraud, soutenu par les américains.

Le 8 novembre 1942, débarquement des forces américaines à Mohammedia ex Fedala.

Jacques Robichon, dans son livre Jour J en Afrique, retrace les péripéties de l’événement connu sous le nom d’opération Torch.
Le délégué personnel du président Roosevelt Robert D. Murphy «  Bob  » était étroitement surveillé et épié par les services de renseignements rivaux, pris en filature par la police française, Murphy avait agi et lutté dans l’ombre, menant le jeu périlleux des agents secrets au milieu de la jungle des espions et des observateurs allemands et italiens des commissions d’armistice en Afrique.
Son carnet de rendez – vous surchargé témoignait de ses multiples et complexes activités – officielles ou clandestines. Mais l’envoyé spécial de Roosevelt ne restait guère en place. En Algérie comme au Maroc, sa grosse Ford noire à plaque minéralogique rouge du corps diplomatique devint bientôt aussi célèbre que sa silhouette familière et joviale, son chapeau de feutre mou, ses gants et son inséparable parapluie. Il sillonnait les routes… survolait l’Afrique jusqu’à Dakar. Mais Robert Murphy ne fut pas longtemps seul.
Peu à peu, une nuée de consuls des Etats – Unis, d’attachées commerciaux et d’experts de tous poils, s’abattit sur le Maroc, l’Algérie et la Tunisie.

Le 8 novembre 1942, débarquement des forces américaines à Mohammedia ex Fedala.

Le personnel des consulats américains collectait les informations, amassait les renseignements de guerre concernant les mouvements des forces de l’Axe en Méditerranée, aussi bien que les emplacements des canons de marine français sur la cote marocaine…
Les agents de Murphy avaient pour tache de se mêler à la vie civile, de fréquenter les divers milieux nord – africains, d’y nouer le maximum de relations, en particulier dans l’administration et dans l’armée – sans regarder à la dépense, ni sur le Whisky, ni sur les paquets de cigarettes ou d’autres denrées rarissimes. Et leur consigne était de se déplacer deux par deux.
Après ses entretiens à Londres au Q.G. du général Eisenhower, Robert Murphy épuisé reprit le chemin de l’Ecosse pour s’envoler vers Washington.
« Avant de quitter les Etats – Unis, Murphy pénétra une dernière fois dans le bureau de Franklin Roosevelt. Le Président avait tenu à lui donner personnellement ses ultimes directives secrètes. Lorsque les deux hommes se reverraient, le débarquement aurait eu lieu. Mais nul ne pouvait dire réellement si ce serait un succès – ou un échec.

Après son habituelle escale à Lisbonne, le Stratoliner qui venait de franchir l’Atlantique, poursuivit son vol à destination du Maroc (Casablanca). Au dessous de lui, Murphy regarda se dessiner au loin la ligne des cotes ou, dans quelques semaines, aborderaient les soldats de son pays – pour le meilleur ou pour le pire.
A quelques heures d’intervalle, un autre appareil faisait route lui aussi vers Casablanca, venant de Dakar. Deux hommes avaient pris place dans la vieille carlingue d’un avion de transport français.
L’un des passagers affichait une élégance voyante.
Son passeport le désignait officiellement sous le nom de René Martin, né en 1913 – un industriel français… Mais son lourd accent le trahissait. Martin s’appelait, en fait, Moellhausen – et il était bel et bien, un authentique agent allemand, le propre adjoint de l’ambassadeur du Reich à Paris, Otto Abetz. Ecœuré par les soubresauts de l’appareil d’un modèle déjà périmé au début de la guerre, l’Allemand jetait de temps à autre des regards de détresse, en direction de son voisin – un Français. Mais il n’en obtenait qu’un air de commisération nettement sardonique.

Le 8 novembre 1942, débarquement des forces américaines à Mohammedia ex Fedala.

Calé au fond de son siège, Jacques Lemaigre – Dubreuil ne prenait même pas la peine de dissimuler son dédain… Quand le pilote piqua sur Casablanca (Aéroport Camp Caze ou d’An fa), il entendit l’Allemand «  haleter de soulagement  ».
A travers le hublot de l’avion, Moellhausen repéra aussitôt, à distance de la piste, un solide gaillard en civil, le chapeau enfoncé jusqu’aux yeux. Il eut seulement le tort de n’attacher qu’un médiocre intérêt au grand Américain légèrement voûté qui se tenait non loin de là, et qui était Robert Murphy.

Le 8 novembre 1942, débarquement des forces américaines à Mohammedia ex Fedala.

A la descente de l’avion, Moellhausen et l’homme au chapeau de feutre échangèrent un bref regard – mais l’Allemand tourna vivement la tete et passa avec raideur. Le manège n’échappa pas à Lemaigre – Dubreuil, confirmant les soupçons de l’industriel. Car lui savait que l’homme au chapeau mou se nommait Auer et occupait les fonctions de consul d’Allemagne à Casablanca.
L’industriel n’eut pas le temps de s’attarder à ces réflexions. Déjà, Murphy marchait vers lui.
En serrant la main de l’Américain, Lemaigre – Dubreuil l’entendit lui glisser à mi – voix :
Allons tranquillement jusqu’à ma voiture et essayez de conserver votre sang – froid. Cette fois, ça y est ! C’est pour bientôt. Et encore mieux que tout ce que vous n’avez jamais espéré…
Abasourdi, Lemaigre – Dubreuil resta plusieurs instants avant de reprendre ses esprits. Il sortit de l’aéroport, devait – il dire plus tard, «  dans l’état d’un boxeur qu’on vient d’envoyer brutalement au tapis ».
Tandis que la grosse voiture américaine roulait vers le centre de la ville, le diplomate confirma au Français l’étonnante nouvelle, complétant ses révélations :
Cinq cent mille hommes, deux mille avions, cent bateaux de guerre, des cuirassés, des portes – avions…

Tags: , , , , ,

Category: Blog

Laissez un commentaire