LES EUROPEENS DE CASABLANCA

[ 0 ] 25 juin 2017 |

La prison d’Anfa du XVI° s.

Les Européens de Casablanca (1)

Lors de son périple, Léon l’Africain (Hassan El Wazzan) décrit les habitants d’Anfa en ces termes : « Des gens de bonne compagnie, habillés avec distinction et parlant couramment les langues étrangères ».

En 1340, le Florentin Francesco Balducci Pegolotti, un négociant italien sous les Mérinides commerçait avec de nombreuses places dont Anfa. Il nota que la douane percevait neuf dirhams or pour l’exportation de cent peaux de bovins brutes, un quart de dirhams or pour l’exportation d’un quintal d’amande. Quatre dirhams or pour l’exportation d’une unité de mesure (kahiz) d’orge, 2 dirhams or pour l’exportation d’une unité de mesure (kahiz) de blé.

Le 20 octobre 1789, une déclaration à été communiquée à tous les Consuls par le Sultan Sidi Mohammed ben Abdellah : ‘’Apres le refus par le Roi d’Angleterre de réparer à Gibraltar une frégate de la marine Marocaine, cette dernière est entrée dans le port de Cadix où elle fut mise en cale, réparée et complètement rénovée ».

Cette marque d’attention particulière de la part de la Cour d’Espagne mérita de la part de Sa Majesté Sidi Mohammed ben Abdellah des faveurs qui sont sans exemple dans les livres d’histoire de ce pays, à savoir :

L’exclusivité du commerce espagnol à Dar el Beida,
L’exportation sans aucun droit de toutes sortes de bétail et viandes salées
L’importation libre de poutres et planches en bois, de poix, de filets…
L’importation de cordes, goudron, voiles…destinés aux navires espagnols qui peuvent entrer par nécessité dans un port marocain.
Pour les navires des îles Canaries, l’exportation libre de vivres à partir de Dar el Beida et de Souira.
Depuis la fin du 18ème siècle, la communauté la plus importante est constituée d’Espagnols, jusqu’en 1907.C’est le secteur de l’activité portuaire qui avait les faveurs de ces entreprenants Espagnols, qui se chargeaient des réparations de bateaux, de manutention et d’exportation des céréales à travers les sociétés : Compania Los Cinco Gremios Mayores de Madrid, La Casa Espanola de Dar Beyda (Cadix) etc.

Conscient de l’importance de cette communauté et du rôle dynamique qu’elle joue dans l’économie locale, le sultan Moulay Hassan 1er, décida d’attribuer gracieusement au Roi d’Espagne le terrain de la rue de Tanger, en Ancienne Médina, qui abritera l’église San Buenaventura des Franciscains.

Casablanca reçoit son premier consul étranger, en la personne de Gonzalez Salmon en 1799, c’était le propre frère de l’Ambassadeur d’Espagne à Tanger.

Rédigé par Abdellah Naguib le 08 septembre 2007 à 17:02 dans MAROCANTAN.

Bab Lekbir, connu sous le nom de Bab Souk, qui faisait face à l’hôtel Excelsior …

Les Européens de Casablanca (2)

La guerre de Crimée, qui opposa
les européens, Anglais, Français et Italiens, alliés des Ottomans d’un coté et l’Empire de Russie de l’autre, durera de 1854 à 1856.
La Russie constituait la principale source d’approvisionnement en céréales des européens et des anglais en particulier. A la suite de cette guerre, l’Angleterre décida d’annuler unilatéralement le contra de livraison des céréales de Russie, c’es le Canada, important producteur des céréales, qui hérita de ce marché.

La Chaouia, réputée pour la qualité de ses céréales, voit arriver des européens en quête de conclure des contrats avec les céréalistes de la place.
C’est la phase de prospection, qui sera suivie par l’installation de filiales des Maisons mères européennes : Françaises, Anglaises, Allemandes, Espagnoles …

Les frères Pierre et Joseph Ferrieu s’installent à Casablanca en tant qu’agents du Baron Seillière de Paris, a partir de 1852, ils ouvrent des comptoirs à Rabat et Mazagan

Casablanca devient une étape importante pour la navigation de cabotage le long des cotes de l’atlantique et le point de départ de la moitié des exportations marocaine de laine et céréales.
Un trafic de 700 bateaux par an est enregistré entre la Maroc et l’Europe.

L’activité portuaire avait fait de Casablanca un important centre de transit, c’est ainsi que le neveu de l’émir Abdelkader, Mohamed Sadok, fait prisonnier par les soldats de Sidi Mohammed, fils du Sultan Moulay Abderrahman en 1847 qui était incarcéré à Fès en compagnie d’un autre algérien, trouvèrent refuge chez Doazan du consulat de France à Casablanca, qui leur donna une généreuse hospitalité. Ce Doazan se préoccupa aussitôt de les faire partir pour Marseille sur un bâtiment français à partir de Casablanca. Mais c’était là une opération difficile.

Les compagnies maritimes qui desservent Casablanca sont :

La Compagnie générale de Navigation à hélice de Marseille.
La Compagnie Cohen et Cie.
La North African Cie.
La Cie Bazin et Léon Gay.
La Cie des Bateaux Transatlantique.
La Cie Paquet.

En 1858 le consul Baumier, pouvait écrire : « Transformation merveilleuse qui a fait en quelque quatre ans d’un amas de ruines et de décombres une jolie petite ville marocaine aux murailles blanches avec des rues entières nouvellement bâties des deux cotés… Non seulement les négociants français et musulmans ont fait construire pour leur usage de bonnes maisons et de vastes magasins, mais encore il n’est pas d’ouvrier, de batelier et de portefaix même, qui ne soit aujourd’hui propriétaire de sa petite habitation en maçonnerie ».
Beau témoignage, de ce diplomate, qui entretenait de bons rapports avec les Autorités Marocaines de la ville.

Rédigé par Naguib Abdellah le 21 mars 2008 à 10:06 dans MAROCANTAN.

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