LE 110e ANNIVERSAIRE DU BOMBARDEMENT DE LA VILLE DE CASABLANCA AOÛT 1907/2017 ( 2 )

[ 0 ] 5 août 2017 |

LE 110e ANNIVERSAIRE DU BOMBARDEMENT DE LA VILLE DE CASABLANCA

LES JOURNEES DU 5 au 7 AOÛT 1907.

LES STRATÈGES DE L’OCCUPATION AUTOUR DU CHEF DU PARTI COLONIAL LE DÉPUTÉ ET EX MINISTRES DES COLONIES M. ETIENNE ENTOURE DE SES … AMIS.

Le pacha de la ville de Casablanca Si Boubker Ben Bouzid … prisonnier de guerre !!!

LA CÉLÉBRATION DU DEBARQUEMENT ET DE L’OCCUPATION DE LA VILLE DE CASABLANCA.

Extraits des articles publiés par MAROCANTAN

Les travaux d’aménagement du port de Casablanca ont été à l’origine des incidents (qui avaient fait plusieurs morts, dont une dizaine d’ouvriers Européens) qui avaient conduit, les bâtiments de guerre de la Marine française, sous le commandement de l’Amiral Philibert à bombarder les quartiers marocains, pour protéger la Ville!

La revue  » A Travers le Monde », publia en Août 1907, un article qui s’inscrit dans le cadre de la « couverture » des événements:

« LES TRAVAUX DU PORT DE CASABLANCA ET LES MASSACRES D’OUVRIERS FRANÇAIS »

(Je note que c’était des ouvriers européens, trois espagnols, trois italiens et trois portugais, dont un français, conducteur de la locomotive dite decauville)

« Casablanca qui vient d’être le théâtre du massacre de quelques-uns de nos compatriotes occupés à la construction de son port fut toujours un des centres commerciaux des plus actifs de la cote occidentale du Maroc. C’est le débouché des produits des vastes plaines centrales du pays. La ville n’a jamais cessé de voir augmenter le nombre des navires etc.

N.B Le sultan Moulay Hassan 1er avait ordonné la construction d’une jetée en 1890, Moulay Abdelaziz de son coté avait commandé en 1905, des études préliminaires qui furent confiées à un ingénieur hydrographe de la marine française, ce qui prouve que le Makhzen avait déjà anticipé les travaux du port bien la conclusion de l’acte d’Algésiras signé en 1906.

Rédigé par : Naguib Abdellah | 01 mars 2007 à 10:32

Naguib Abdellah
Le Journal des Voyages d’août 1907, publia de son coté un article de propagande qui s’intitule:
« UNE CITE D’HORREUR
LES CHAOUIAS A LA CURÉE »

« Une cité d’horreur!
Cette effroyable dénomination restera à Casablanca. Dar-el-Beida, la Maison-Blanche, a été souillée à jamais d’une tache de sang dont la trace ne sera jamais entièrement lavée.

Les Français qui ont assisté à ces horribles journées des 5,6 et 7 août ont rapporté les incroyables détails de l’infernal pillage de cette ville hier si prospère. Il en est que la plume et la photographie n’oseront jamais reproduire. Mais il faut que le monde civilisé connaisse la barbarie des Kabyles (!) Chaouias qui furent pendant de trop longues heures les maîtres de la ville. Un de nos compatriotes nous en a fait pour le journal des Voyages l’émouvant récit… » fin.

l’illustre auteur « anonyme », nous fait une description apocalyptique des événements, il à eu un trou de mémoire pour ne pas signaler:

1- l’usage des bombes à la Mélinite par la Marine (formellement interdite par la Conférence de La Haye en 1907)

2- le recours aux fosses communes ( à l’intérieur du Sour Jdid )pour les victimes marocaines de ces bombardements.

Cet article à eu au moins le mérite de relater la barbarie des « Kabyles » Chaouias ! ( nous sommes désormais fixés sur les origines de nos valeureux résistants Chaouias et Casablancais)
Il y a erreur sur les auteurs de cette « barbarie ».

En effet, les troupes françaises, sous le commandement du Général Drude, comprenaient des Zouaves et Spahis Algériens… chargés de « nettoyer » la ville avec l’appui des Légionnaires, qui seront soutenus ultérieurement par des Sénégalais!
Les 600 Marins Espagnols, ne débarqueront de leur canonnière que le 10 août, le Commandant Olalla sera vite remplacé avant fin août 1907, par un Colonel.
Rédigé par : Naguib Abdellah | 01 mars 2007 à 20:08

Naguib Abdellah
Avant les 5 Aout 1907, il fallait réunir tous les ingrédients, pour justifier l’intervention musclée de la Marine et des troupes du Général Drude.

-1906 signature de l’Acte d’Algésiras.
-1907 Assassinat du Docteur Mauchamp à Marrakech.
-1907 le 29 mars, le Général Lyautey occupe la ville d’Oujda (en représailles au décès du Dr Mauchamp)
-1907 le 2 mai, Le Makhzen charge la Compagnie Marocaine (groupe Schneider et Banque de l’Union Parisienne) d’entamer les travaux au port.

-1907 31 juillet, des « incidents » éclatent à proximité du port ou l’on déplore de nombreuses victimes.

C’est dans ce contexte, que nous allons relire la presse coloniale de l’époque chargée de « préparer » l’opinion publique européenne sur la situation de notre pays.

Le Bulletin du Comité de l’Afrique Française de mars 1907:

 » A Fez, Abdelkrim ben Sliman, ministre des Affaires étrangères, partisan de certaines réformes rencontre une sourde hostilité chez certains de ses collègues, fanatiques et réactionnaires, porte-paroles du parti des oulémas. Ces derniers font courir le bruit, parmi la foule ignorante de la ville, que les réformes sont inapplicables au Maroc, que les Européens eux-mêmes l’ont reconnu et qu’ils sont découragés »

Dans le registre de la diffamation, difficile de faire mieux (sourde hostilité-fanatiques et réactionnaires-foule ignorante-)

Notre ministre, quand à lui, n’a pas le droit au titre de civilité de Monsieur, c’est trop d’honneur!
Rédigé par : Naguib Abdellah | 03 mars 2007 à 20:00

Naguib Abdellah
L’occupation d’Oujda s’est faite, sans incident, le 29 mars 1907. Le général Lyautey en a rendu compte par le télégramme suivant:

LES STRATÈGES DE L’OCCUPATION AUTOUR DU CHEF DU PARTI COLONIAL LE DEPUTE ET EX MINISTRES DES COLONIES M. ETIENNE ENTOURE DE SES … AMIS.

 » Oujda occupé dix heures du matin sans incident et sans un coup de fusil par deux bataillons du 2° zouaves, un bataillon du 2° tirailleurs, deux escadrons du 2° spahis, une batterie d’artillerie et 200 goumiers, sous le commandement du colonel Felineau etc… »

Sans coup férir « on » décide d’occuper une ville d’un pays indépendant!

La presse de l’époque publia à la une:

« Il faut noter que l’occupation d’Oujda a été l’occasion pour de nombreux caïds des environs d’affirmer leur attachement à la France »

Je signale que cette « campagne » s’inscrit dans le cadre des évènements qui ce déroulaient à proximité de cette zone et sont de toute évidence financés par le parti colonial ex:

– Les Beni-Snassen.
– Bou-Amama.
– Bou-Hmara (le Rogui)

l’objectif final, c’est le bombardement et l’occupation de la ville de Casablanca et de la Chaouia.

N.B Si l’occupation d’Oujda eu lieu le 29 mars 1907, les obsèques du Dr Mauchamp ont été célébrés à Tanger le … 2 avril 1907!

Rédigé par : Naguib Abdellah | 04 mars 2007 à 11:49

Naguib Abdellah
– Avant le 7 août 1907 :
En 1907, la presse étrangère s’est occupée d’une affaire dite de Télégraphie Sans Fil (T.S.F.) en effet, un industriel français du nom de M. Henri Popp, avait manifesté l’intention d’installer dans 4 ports des appareils de T.S.F.
Ce M. Popp (poussé par le parti colonial) n’avait pas estimé nécessaire d’en informer le Makhzen de son projet mieux, il importa le matériel pour mettre le Makhzen devant le fait accompli.Devant le refus du Makhzen de tolérer de tels agissements, le ministre de France (Ambassadeur à Tanger) protesta auprès de Si Torrès !

l’Attitude digne du Makhzen obligea cet »industriel et homme d’affaires » à rapatrier son matériel.

Nous sommes là en présence d’une des nombreuses « techniques » en vogue à l’époque, pour justifier

« une énergique intervention pour rétablir l’ordre »

comme ce fut le cas à Oujda, occupée par le Général Lyautey le 29 mars 1907.

Rédigé par : Naguib Abdellah | 05 mars 2007 à 15:23

Naguib Abdellah
– Avant le 7 août 1907.

Par rapport au 7 août 1907, le « Parti Colonial » sous la direction de M. Eugène Napoléon Etienne et ses amis, notamment le Général Lyautey, joua un rôle déterminant dans l’occupation de notre pays.
Etienne, Eugène, Napoléon 1844-1921, député puis sénateur, animateur du « Groupe Colonial » Franc-Maçon.
Fondateur du Comité du Maroc en 1898.
C’est un personnage très influent dans les cercles politiques et financiers parisiens.

Le Parti Colonial, avait dans ses tablettes, le grand projet d’occuper le Maroc, pour ce faire, il fallait préparer en sourdine l’homme de la situation, qui saura gérer la délicate situation « d’occupation »

– Le parcours de Lyautey, celui qui deviendra le premier

– Entre 1888 et 1892, Proust et Lyautey fréquentaient le salon des Baignères. Proust est le témoin de la rupture entre Louise Baignères et Hubert Lyautey, coureur de dot.
– 1894 Indochine.
– 1896 Cambodge.
– 1897 Madagascar.
– 1903 Octobre : Le Colonel Lyautey est promu général de Brigade, il sera par la suite promu général de division après les événements de Casablanca en 1907.

– 1904 Algérie (Oranie) Ou il prépare l’attaque des tribus frontalières et occupe Oujda.

Rédigé par : Naguib Abdellah | 05 mars 2007 à 16:19

Naguib Abdellah
– Avant le 7 août 1907.
La suite du parcours du Général Lyautey:

En 1904 Proust, qu’on complote de marier, effectue une croisière en compagnie d’Inès de Bourgoing, veuve Fortoul. En 1907, également sur un bateau, Lyautey rencontre la même veuve (à bord du bateau qui les ramener de Casablanca à Oran) qu’il épouse en 1909.

Proust fit du Maréchal Lyautey le modèle principal du « Charlus ».

– C’est Lyautey qui forma le premier Goum algérien (force de police supplétive) chargé d’assurer la sécurité de la frontière algérois – marocaine. C’est ce même goum qui fit partie du corps de débarquement à Casablanca en 1907 !!!

– Lyautey fut formé à bonne école :

Le général Gallieni été son maître à penser, il fut l’un de ses proches collaborateurs. Tonkin – Madagascar ou le général Gallieni déposa la reine Ranavalona III !

Gallieni , préconisait la méthode de la « tache d’huile » selon lui l’action militaire devait être accompagnée d’une aide aux peuples colonisés dans les différents domaine…

-Goulven cite : Après les « incidents » de Casablanca en 1907 :

Sollicité, Lyautey écrit à Vogue que la formule ne lui parait pas bonne (bombardement de la ville)…, mais ajoute –t-il, « qu’au premier incident ou massacre on me laisse carte blanche, le choix des moyens, des personnes, toute latitude de temps, je me charge de presser sur Fès de façon définitive, sans douleur et à peu de frais. Mais alors, en me servant des moyens politiques et militaires, de mes intelligences dans les tribus, en les désagrégeant, en m’y créant par avance un parti favorable, en faisant la boule de neige, en pratiquant en un mot ma formule de « l’organisation qui marche. »

-En 1900, Dans un banquet colonial le lieutenant-colonel Lyautey, qui avait accepté de développer ses idées sur le rôle colonial de l’armée. Il n’était pas encore très connu du grand public africain. On savait seulement que le jeune colonel, sorti de Saint – Cyr et de l’Ecole d’état – major, après avoir été le brillant officier de cavalerie qui avait écrit, en 1891, dans la Revue des Deux Mondes, un article anonyme remarqué sur le rôle social de l’officier, avait été appelé, en 1894, à l’état – major des troupes d’Indochine, qu’il avait pris part, sous la direction du général Gallieni et du colonel Vallière, aux rudes campagnes contre les pirates du Haut – Tonkin…Lyautey développa la politique coloniale du général Gallieni et de ses maîtres et glorieux initiateurs : Bugeaud et Lamoricière…

La base en était l’occupation progressive – ce qu’on a appelé justement la « tache d’huile » – se substituant le plus possible à la colonne qui passe sans rien laisser derrière elle, et le principe général se formulait ainsi : « L’occupation militaire consiste moins en opérations militaires qu’en une organisation qui marche. » Pour réaliser ce plan, quelques idées simples : identité du commandement militaire et du commandement politique territorial ; celui – ci se partageant en trois étages : le secteur, correspondant à la région que peut tenir une compagnie ; le cercle réunion de plusieurs secteurs et correspondant à l’action d’un officier supérieur ; et le territoire, organe supérieur d’action politique et militaire. Et l’on touche ainsi au but final du système : toute troupe jetée dans un pays neuf est celle qui doit y séjourner, y habiter, le coloniser ; une expédition coloniale devrait toujours etre dirigée par le chef désigné pour être le premier administrateur du pays après la conquête…

Ces idées, ce programme, le colonel Lyautey alla les appliquer de 1900 à 1902 à Madagascar…

Dès 1903, Lyautey en tant que commandant du territoire d’Ain – Sefra (Algérie) alors si troublé par les incursions marocaines, il appliqua son expérience et ses méthodes… et plus tard au commandement de la division d’Oran avec le titre de haut commissaire chérifien pour l’application des accords franco marocains.

Le général Lyautey adapta le système à la frontière orano – marocaine ; là encore il fit œuvre de pacificateur et en même temps d’organisateur et de colonisateur : il assura la pacification en rendant ses troupes plus mobiles que les harkas qui les harcelaient, il tira parti de chaque effort militaire en ralliant par la diplomatie et par l’intérêt les tribus mêmes qu’il avait du frapper.
Rédigé par : Naguib Abdellah | 05 mars 2007 à 16:47

Naguib Abdellah
Avant le 7 août 1907.

– 1903 Octobre : Le Colonel Lyautey est promu général de Brigade (Après les événements de 1902), il sera par la suite promu général de division après les événements de Casablanca en 1907.

Ce colonel outrepasse les pouvoirs que le gouvernement français lui a fixés et dépasse les limites de la frontière. Il occupe Bechar en territoire marocain au sud est, et l’appelle Colomb.

Au même moment, le Maroc exsangue financièrement, fait « appel » à la Banque de Paris et des Pays Bas qui devient le principal créancier du Maroc…

– 1903 Le gouvernement français s’efforce d’empêcher que le Maroc ne trouve de l’argent ailleurs qu’en France.

– Augustin Bernard, chargé de « mission » par le Gouverneur d’Algérie écrit :

« l’activité économique du port de Casablanca est très intense, il y a en permanence 8 à 10 bateaux de commerce au port pour charger ou décharger des marchandises ».

– M.P. Lemoine, un autre chargé de « mission » relève :

Casablanca est une ville très importante, c’est certainement la plus importante ville marocaine du point de vue commercial, située au milieu de la fertile plaine des Chaouia ; vers laquelle converge les caravanes de l’intérieur. Son port est des plus actif, le commerce des céréales considérable, et est appelé à ce développer.

Les notes secrètes et les rapports militaires, confirment l’importance stratégique de la ville de Casablanca ; comme point de départ pour toutes actions militaire contre le Maroc.

-1904 Une mission conjointe de la légation de France et Paribas, pour imposer au Sultan un contrat d’emprunt élaboré par le consortium bancaire français et patronné par le gouvernement français.

Rédigé par : Naguib Abdellah | 05 mars 2007 à 20:01

Naguib Abdellah
Avant le 7 août 1907.

En mai 1907, la Jeanne-d’Arc et le Lalande, le Forbin et la Gloire, cuirassés d’escadre, ont visité la rade de Tanger !
D’ailleurs ces différents navires ont fait escale devant les différents ports de la cote marocaine…

Une bonne partie de ces bâtiments, faisaient partie de l’armada dirigée par l’Amiral Philibert, qui participa au bombardement de la ville de Casablanca les 5,6 et 7 août 1907!

Rédigé par : Naguib Abdellah | 05 mars 2007 à 20:28

Naguib Abdellah
Avant le 7 août 1907.

Les agents étrangers infiltrés dans la ville de Casablanca, ne ménagent aucuns efforts, pour diffuser de fausses informations et perturber la quiétude des habitants de Casablanca, grâce à la collaboration active de leurs « protégés » de tous bords.

La presse coloniale, joue la caisse de résonance.

EX :  » Une alerte assez sérieuse a provoqué de graves inquiétudes à Casablanca au cours du mois dernier. La confédération des chaouia qui occupe toute la région environnant cette ville est à l’état d’insurrection latente depuis plusieurs semaines. Au commencement de la ville, plusieurs tribus de cette confédération menacèrent rien que moins que de piller la ville. Le pacha de la ville se déclara impuissant à s’opposer à un envahissement… »

« A Casablanca, la situation reste inquiétante. Le gouverneur de la ville, ému des menaces des tribus révoltés , continu d’opposer une digue de douros aux menées belliqueuses des chaouia .

Le 20 avril 1907, un pénible incident a provoqué en ville une légitime indignation etc. »

Comme on peut le constater, l’auteur n’y va pas avec le dos de la cuillère ( en terme d’imposture), l’échéance de début août 1907 approche…

Rédigé par : Naguib Abdellah | 05 mars 2007 à 21:35

Naguib Abdellah
Avant 1907.
Le Maroc va connaitre des évènements qui marqueront le début d’une occupation militaire et l’instauration du régime de Protectorat.

Juin 1907:

– M.Loehr, négociant allemand (représentant de la maison Richter) vient detre désigné comme vice-consul d’Autriche à Fès.
– Le commandant Fariau de la mission militaire française a réussi à former quatre bataillons (de soldats marocains) à instruire.
– Dans le registre de la propagande, cette information d’El Ksar:
Le 3 mai, un combat important a eu lieu, dans le Rharb, entre la fraction des Sefian et celle des Ouled Djellal…Il y a eu de part et d’autre une dizaine de tués et autant de blessés etc.
-La population de Marrakech, toujours surexcitée (sic) malgré l’arrivée des grosses chaleurs (!), parle de faire abdiquer Moulay Abdelaziz (?). Plusieurs tribus des environs se rangeraient à cet avis…

N.B Au mois d’Aout 1953, les Services de la Résidence (le Général Guillaume, le Glaoui et Kettani) ont fait appel « Aux tribus » pour une séance de démonstration ridicule, devant le Palais de Sidi Mohammed Ben Youssef, Sultan légitime du Maroc.

Rédigé par : Naguib Abdellah | 10 mars 2007 à 19:16

Naguib Abdellah
La MAP agence de presse Marocaine, annonca le 26-12-2006:

 » La célébration du Centenaire du débarquement français au port de Casablanca et le soulèvement de Chaouia en 1907″ à l’initiative de l’Université Hassan II de Mohamemdia.

C’est dans ce cadre, que je vais tenter de rentrer dans le vif du sujet, pour traiter de ces événements qui avaient fait couler beaucoup d’encre à travers la presse européenne de toutes tendances, des ouvrages publiés durant la période coloniale et des ouvrages classés dans la catégorie des « beaux livres » publiés aprés l’indépendance du Maroc.

Je consacrerais une large part aux auteurs marocains.

Rédigé par : Naguib Abdellah | 11 mars 2007 à 23:31

Naguib Abdellah
Allal Lekhdimi est l’auteur de

 » l’intervention étrangère et la résistance au Maroc, 1894-1910, les événements de Casablanca et l’occupation de la Chaouia »

Ce fabuleux travail d’un historien d’exception, est contenu dans 413 pages, qui relatent la véritable et authentique histoire de notre ville et la Chaouia.

Ce travail, n’a rien à voir avec les clichés colportés, depuis plus d’un siècle …à ce jours.

Germain Ayache porte un regard sur le travail de Si Allel Lakhdimi  » Quoiqu’il en soit, mon avis sur ce travail est clair. Je souhaite que ce livre soit lu par les historiens mais aussi par des lecteurs … non seulement au Maroc mais à l’étranger et en France en particulier.
Il serait souhaitable que ce travail soit traduit en français, en effet, de nombreux Marocains continuent à se nourrir dans ce domaine auprés des…Terrasse, en français, quand à Allel Lekhdimi, il ne sera pas lu par un seul français en arabe. Ce qui est préjudiciable tant pour les français que pour les marocains. »
Rédigé par : Naguib Abdellah | 13 mars 2007 à 18:44

Naguib Abdellah
Le bombardement de la ville de Casablanca du 5 au 7 Aout 1907.

– Le 30 Juillet 1907, les habitants de la Chaouia (villes et campagnes) ont tentés d’arreter les travaux entrepris par la Compagnie Marocaine au port de Casablanca.
Une rixe,s’est soldée par le décès de neuf ouvriers étrangers, les français ont saisis cet incident pour décider de l’envoi d’une armada composée de plusieurs batiments de guerre et de forces d’intérvention pour débarquer et occuper dans un premier temps la ville et la Chaouia par la suite.

En prélude à cette occupation, les français bombardèrent la ville et la détruisirent sous ses paisibles habitants à l’aube du 5 Août.

A partir du 7 Août, l’escadre française, décida le débarquement des forces, tout en poursuivant le bombardement de la ville et de ses environs, pour empêcher les résistants Chaouia de pénétrer dans la ville.

Rédigé par : Naguib Abdellah | 13 mars 2007 à 19:27

Naguib Abdellah

l’incident du 30 juillet, qui entraina la mort de 9 ouvriers étrangers, donna l’occasion à la légation française et le parti colonial, sous couvert du « Comité du Maroc » dirgé par Etienne et le Général Lyautey, de mener une campagne diffamatoire contre le Maroc.

Le comte Saint Aulaire, de la légation française de Tanger ( placé par le parti colonial, pour exécuter ses instructions) chargea le commandant du « Galilée » ( un militaire?) de ne pas hésiter à bombarder la ville.

Saint Aulaire adresse à Paris, le télégramme suivant, pour rendre compte de l’incident du 30 Juillet 1907:

 » De nombreux Européens ont été blessés dans le tumulte qui suivie l’assassinat de 5 de nos compatriotes dont les corps ont …

Convoque les correspondants de la presse française, pour leur demander de ne pas insister sur la présence à l’intérieur du port, des Français chargés du controle de la Dette… »

Saint Aulaire, éxécuta à la lettre le projet criminel du parti colonial. Au prétexte de « protéger » les Européens:

– Térroriser la population par un bombardement intensif.
– Metrre le Makhzen et l’opinion publique internationale devant le fait accompli.

N.B Durant ces événements,il n’y a pas eu, une seule victime européenne au sein de cette communauté, surpris par l’ampleur du scénario mis en place, les européens assistèrent médusés au débarquement des soldats français.

Rédigé par : Naguib Abdellah | 14 mars 2007 à 15:28

Naguib Abdellah
Mr Saint Aulaire insiste, dans un télégramme du 2 Aout 1907, auprés de M. Pichon, Ministre des Affaires Etrangères, pour occuper Casablanca, il considère que ce sont les français qui ont été attaqués le 30 juillet et que seule la France est concernée.
Il demande au Ministre de tout mettre en oeuvre pour:
-Harmoniser l’action de la Marine et des troupes stationnées en Algérie pour occuper Casablanca.

Il préconisa un « cahier de charges »:

1- Exiger du Makhzen un dédommagement.
2- Exécuter les résponsables des événements.(résistants)
3- Exclure le Pacha ( authentique patriote) et son Adjoint, aprés une enquete menée par les Français.
4- Exclure le Ministre Marocain chargé de l’intérieur, responsable du maintien du Pacha de Casablanca dans son poste.

Mr Saint Aulaire, considère que cette dernière demande est facile à réaliser, elle aura un trés important impact.
Sa réalisation, mettra « entre nos mains » le Makhzen, pour une longue durée.

Le 2 Aout 1907, les ténors du parti colonial se réunissent avec le Ministre des Affaires Etrangères et Mr Regnault, pour apporter leur soutien financier à une rapide occupation de Casablanca.

Le Ministre Pichon informa son premier Ministre Mr Clemenceau.

Rédigé par : Naguib Abdellah | 14 mars 2007 à 16:20

Naguib Abdellah
Les français réussirent à entrainer l’Espagne dans cette aventure.
Les parlementaires socialistes, conduit par Jean Jaurès ont toujours manifesté leur opposition à toutes actions militaire contre le Maroc, mais c’était sans compter avec le puissant parti colonial…

Parmi les manoeuvres ( dont il avait le secret) de Saint Aulaire, pour comploter contre le Maroc, le « bluff » qu’il nomma « l’Union des Travailleurs Français » au Maroc.

Il réussit à réunir une poignée de « gens » pour les inviter à « adopter » les termes d’une lettre, qu’il adressa au Ministre des Affaires Etrangères en date du 3 Aout 1907…

 » La colonie Française, réunie ce samedi 3 Aout 1907, décida à l’unanimité, d’envoyer ses condoléances aux familles des ouvriers italiens, espagnols et français, victimes du fanatisme marocain » il souhaita par la meme occasion, une sévère punition, immédiate … »

On peut, sans aucun risque d’erreur, dire que le Comte de Saint Aulaire, avait sorti la grosse artillerie.

Rédigé par : Naguib Abdellah | 16 mars 2007 à 21:17

Naguib Abdellah
A la veille du débarquement des fraçais et du bombardement de la ville par la Marine, le pacha de la ville Si Boubker Ben Bouzid s’est réunie avec les consuls pour leur faire part de son refus de cautionner le débarquement des troupes étrangères constituées de soldats français et espagnols.

Comme ont peut le constater, la présence des troupes espagnoles aux cotés des soldats français est rarement évoquée.

Les moyens mis en oeuvre:

L’escadre, sous le commandement de l’Amiral Philibert, qui participa à la campagne et au bombardement de 1907- de la ville et de la banlieue était composé de :
-Torpilleurs, QuatreBatiments pour le transport des troupes, dont certains furent transformés en hôpital.

-Le Galilée Du-Chayla, le Gueydon, le Jeanne-d’Arc, le Condé, le Forbin, la Nive, le Vinh-Long, le Shamrock, avec 3.000 hommes d’équipage et… l’Alvaro De Bazan, une canonnière espagnole sous le commandement d’Ollala, qui débarque 600 marins venus de Melilla.

Rédigé par : Naguib Abdellah | 25 mars 2007 à 00:21

Sylvain
Instructifs tes commentaires, Abdellah.
Il faut aussi ajouter que l’humiliation de la défaite de 1870-1871, avec pour consequence, la perte de l’Alsace-Lorraine, a éxarcerbé l’expansionisme colonial français. La toute puissance de l’Armée (voir l’affaire Dreyfus) lui permettait, au nom d’un patriotisme nationaliste, de faire ce qu’elle voulait, mettant bien souvent le pouvoir civil en porte a faux face au fait accompli.
Rédigé par : Sylvain | 27 mars 2007 à 23:54

Naguib Abdellah
Le centenaire du débarquement franco-espagnol à Casablanca.

Les évènements du 5 au 7 Aout 1907:
Le déclenchement du bombardement des quartiers marocains ne pris fin que le 7 Aout 1907.

Le nombre des victimes marocaines varie entre des dizaines suivant la presse coloniale, des centaines, voire des milliers, suivant les témoins occulaires tant marocains qu’étrangers.

-Après la Beia du Sultan Moulay Hafid, le 15 août 1907, le Grand Vizir, adresse le 16 août, au corps diplomatique à Tanger, une lettre de protestation relative au bombardement de Casablanca:
« Dont les habitants ont été victimes, de violence et d’agression, puisque le nombre des morts a atteint 6.000 personnes… »

-Bourdon, l’envoyé de presse ( la seule note discordante par rapport à « la voix de son maitre » que représente la presse du parti colonial ) accompagné de Mercier, qui participa, en compagnie de ses concitoyens à « repousser » les Marocains désarmé!

Bourdon:
« Ce que j’ai vu est indescriptible. C’est une boucherie des plus horribles, que l’on puisse imaginer. Souvenez – vous du camp des mercenaires dans « Salammbô », imaginez les cadavres jonchant le sol, les mouches qui se bousculent, pour trouver un endroit sur les corps, les odeurs nauséabondes des cadavres ? … Oui je les ai vus et sentis.
Après le déluge des bombes de l’escadrille, c’est au tour des légionnaires de débarquer, pour terminer le travail. Ils ont semé la terreur, au sein des populations qui n’ont pu fuir, un massacre collectif des marocains musulmans et juifs s’en suivi, un vrai razzia sur les personnes et les biens pris la tournure d’un carnage !

– Le Bulletin de l’Afrique française, dirigé par Mr Etienne (le chantre de la coloniasation et président du fameux « Comité du Maroc ») rapporte de son coté :

« La légion étrangère à été chargée, de nettoyer la ville des « pillards » leur mission n’a pas trop durée.

Tous les marocains, arrêté les armes à la main, ou en train de piller, sont systématiquement fusillées, tel était le sort des gens de la campagne, qu’on fit sortir de force, de leurs refuges. Le soir, il s’est avéré que la légion accomplit sa mission, et qu’elle mérite d’être récompensée.

– Extract form à private, Letter dated Tangier, 15 Th August, 1907. A propos des actes commis par les légionnaires:

« Ces individus, ont égorgés toutes personnes à leur portée, saccageant sur leur passage, les domiciles, boutiques et dépôts. Un témoin oculaire, digne de confiance, qui réside depuis fort longtemps à Casablanca, assista à ces journées sanglantes, affirme que le saccage commis par les Marocains durant le bombardement, ne représente pas grand chose, par rapport aux actes commis par les légionnaires. Ces derniers, dans un état d’ébriété avancée, ont pillé, tués jusqu’à la tombée de la nuit. » Fin.

– Les actes de pillages, commis par la légion étrangère, ont emmené, le Ministre des Affaires étrangères, a interpellé le Général Drude, et lui demander des explications, sur ce que la presse étrangère avait longuement commenté, tel que les actes de violence et de pillage…

– Dans sa réponse du 9 septembre 1907, le Général Drude reconnaît que ses actes sont dus à l’état d’ébriété des légionnaires qu’il remplaça par des tirailleurs !

Il s’est appuyé, sur le rapport du Commandant Mangin (le future Général et 1er « Gouverneur » militaire de Casablanca) du 14 août, qui fait partager la responsabilité des actes de pillage, entre les habitants juifs et les soldats du contingent espagnol !

– Ce qu’il faut retenir, c’est le  » silence on tourne » quant il s’agit d’évoquer l’usage des bombes à la Mélinite, durant ces Journées du 5 Aout au 7 Aout.

Un autre témoignage:
– H. Cordonnier dans un ouvrage intitulé « Exploits Héroïques de nos Soldats » nous décrit sa vision des exploits… de l’armée coloniale :

 » Le commandant du Galilée voyant le détachement attaqué, fit ouvrir le feu à cinq heures et demie, sur les quartiers indigènes de Casablanca.

Les obus tombant à intervalles réguliers semèrent l’épouvante parmi les Marocains.
Le premier obus ouvrit une brèche dans le pont de la Douane.
A dix heures quarante-cinq, quelques obus de fonte furent envoyés sur la Casbah. Puis le tir eut pour objectif de pourchasser les groupes d’indigènes répandus autour de la ville.

Un marabout voisin de Sidi-Belliot sauta sous un obus.

Les Marocains tirent sur le consulat, le bombardement continue sur les abords de la ville, car une partie des Européens sont réfugiés dans leurs consulats respectifs, tandis que d’autres sont à bord du Galilée, de navires marchands anglais, d’un espagnol et d’un allemand.

Un incendie s’allume derrière le palais du pacha, à cinq heures du soir.
Casablanca avait reçu 2500 obus à la mélinite… »

N.B Pour « les amoureux de l’histoire de la ville de Casablanca », je signale que l’Ancienne Médina avait « reçu » la part du lion, en terme d’obus « incendiaires », elle porte les stigmates de ces évènements à travers, les Zenkat El Afia ( le feu) et Bab El Afia…

l’ironie du sort:
– Du 14 juin au 18 octobre 1907 s’es tenu à la Haye la seconde conférence de la Paix…

– Adoption de douze conventions limitant les prérogatives des Etats en temps de guerre :

1- Statuts des prisonniers de guerre.

2- Interdiction de bombarder les villes déclarées ouvertes.

Rédigé par : Naguib Abdellah | 30 mars 2007 à 00:06

Robert letan
Français mais au Maroc depuis 1941 je consacre depuis 15 ans ma retraite à des travaux d’histoire du maroc et a des rééditions d’ouvrages rares ou disparus.

Bien entendu je travaille sur le centenaire du débarquement de 1907 uusi je vous prpose d’entre en rapport avec moi

La vingtaine d’ouvrages que j’ai publiés sont vendus dans les principales librairies du Maroc et sur internet.

A vous lire
Robert Letan 022 28 07 74

Rédigé par : Robert letan | 03 avril 2007 à 12:18

Naguib Abdellah
Bonsoir Robert Letan,

Je reviens de voyage et prendrais contact avec vous demain.

Rédigé par : Naguib Abdellah | 22 avril 2007 à 00:32

Naguib Abdellah
l’occupation de la périphèrie de Casablanca, s’est poursuivie par les troupes françaises sous le commandement du général Drude et les troupes espagnoles commandées par le Ct Olalla, ce dérnier avait pris position à l’intérieur de deux camps Route d’Azemmour, les français ce sont installés à l’intérieur des points d’appui et campements du coté du Parc, Mers Sultan et Abdelmoumen.

A partir du 8 Aout, les combattants marocains livrèrent combat avec leurs armes légères face aux canons 75 et des obus que déverse continuellement le « Galiléé ».

– Les combats connus sont ceux du Fondouk du Barbier, autour de la villa Fernau, des Carrières, Guottaà ould Aicha, de la Ferme Alvarez, de la Ferme dite Dar Bouazza, des cretes sud, de Sidi Moumen, de Taddert etc.

Loin d’etre une promenade de santé, face à des hommes résolus à défendre leur pays, le Général Drude laissa sur le terrain de la périphèrie Casablancaise, les Officiers ci dessous:

Commandant PROVOST, 3 sept.
Lieutenant BENIZZA(Algérien)  »
Lieutenant PILLOT, 17 septembre.
Capitaine IHLER, 19 octobre.
Lieutenant ROZE, 24 novembre.
Lieutenant B. DE SAINT – HILAIRE etc.

J’ai pu localiser le lieu ou le valeureux Capitaine Ihler trouva la mort, ( au quartier Californie)lors de la fameuse bataille, dite des Trois Marabouts (Sidi Messaoud).
Une bonne partie de ces combats, sera relatée avec force détails, grace notamment au travail de recherches entrepris depuis l’indépendance.

Rédigé par : Naguib Abdellah | 24 avril 2007 à 19:35

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