3 – LES SUJETS TABOUS – PATRIMOINE ARCHITECTURAL ALLEMAND

[ 0 ] 28 septembre 2014 |

SOUS LE PROTECTORAT UNE PARTIE DE LA MEMOIRE DE CASABLANCA ENSEVELIE AU GRAND JOUR … IL S’AGIT DU PATRIMOINE DE LA COMMUNAUTE ALLEMANDE DE CASABLANCA.

CE PATRIMOINE INESTIMABLE POUR SA VALEUR HISTORIQUE TANT CORPORELLE QU’INCORPORELLE DOIT FAIRE L’OBJET D’UNE SERIEUSE MISE A NIVEAU POUR LUI DONNER LA PLACE QU’IL MERITE DANS L’INTERET EVIDENT DE LA VILLE DE CASABLANCA ET DE SON HISTOIRE !

Mis sous séquestre, lors de la première guerre mondiale, l'un des plus beaux immeubles allemands de la ville de Casablanca, situé au Derb Omar, entre les rues Mediouni ex Coli et Oudjari.

Mis sous séquestre, lors de la première guerre mondiale, l’un des plus beaux immeubles allemands de la ville de Casablanca, situé au Derb Omar, entre les rues Abdellah Mediouni ex Coli et Oudjari, derrière l’hôtel Lincoln.

Mis sous séquestre, lors de la première guerre mondiale, l'un des plus beaux immeubles allemands de la ville de Casablanca, situé au Derb Omar, entre les rues Mediouni ex Coli et Oudjari.

Mis sous séquestre, lors de la première guerre mondiale, l’un des plus beaux immeubles allemands de la ville de Casablanca, situé au Derb Omar, entre les rues Abdellah Mediouni ex Coli et Oudjari, derrière l’hôtel Lincoln.

l'une des nombreuses portes.

l’une des nombreuses portes.

Villa Carl Ficke, construite en 1912, située face de l'immeuble "liberté", mitoyenne du Collège Khenata Bent Bekkar.

Villa Carl Ficke, construite en 1912, située face de l’immeuble « liberté », mitoyenne du Collège Khenata Bent Bekkar.

Les tombes de Carl Ficke et Rich Grundler, fusillés le 28/1/1915.

Les tombes de Carl Ficke et Rich Grundler, fusillés le 28/1/1915.

Casablanca : Les 344 soldats allemands inhumés au cimetière de Ben Msik.

Casablanca : Les 344 soldats allemands inhumés au cimetière de Ben Msik.

Les Ambassadeurs : Le ministre de France et le ministre d'Allemagne au Maroc .

Les Ambassadeurs : Le ministre de France et le ministre d’Allemagne au Maroc .

Les effets de la première guerre mondiale 1914 – 1918 :

Au port de Casablanca : Les membres de la communauté allemande de Casablanca, après leur arrestation.

Au port de Casablanca : Les membres de la communauté allemande de Casablanca, après leur arrestation.

En raison des intérêts économiques et stratégiques divergents entre la France et l’Allemagne, à travers les responsables du protectorat Français d’une part, et de l’Allemagne à travers la communauté allemande de l’autre, la ville de Casablanca en particulier, sera le témoin de faits marquants qui se traduiront par la mise sous séquestre par mesures de guerre, des biens appartenant aux Allemands et aux Austro-Hongrois.

Ces évènements qui concernent en premier lieu les gens du pays, méritent d’être évoqués pour la mémoire et le souvenir !

-La colonie allemande était résolument hostile à l’occupation française de Casablanca et la Chaouia, sous la houlette de Carl Ficke important négociant de la place, qui entretenait d’excellents rapports avec les tribus de la région, par le truchement de la « protection » et « moukhalata ». Les allemands de Casablanca protestèrent contre le bombardement et les pertes qu’ils avaient subies lors des émeutes.

 

Une équipe de football, formée par des prisonniers de guerre allemands au camp d'El Hank à Casablanca.

Une équipe de football, formée par des prisonniers de guerre allemands au camp d’El Hank à Casablanca.

LA COLONIE ALLEMANDE S’ACTIVE A EMPECHER L’OCCUPATION FRANCAISE.

Se sentant menacée dans ses intérêts par cette occupation, la colonie allemande, sous couvert de « l’impunité consulaire » employa tous les moyens pour entraver l’action française en pays Chaouia :

En soustrayant à l’autorité civile et militaire française ses protégés marocains, en vendant des armes aux résistants.

D’après des récits, ces armes étaient stockées chez Carl Ficke et chez des protégés … Toutes ces actions ont eu pour effet l’adhésion de nombreux Marocains au système de la protection ou d’association avec les Allemands.

C’est ainsi que l’on assista à une véritable « parodie » Kafkaïenne. La France, qui pratiqua à outrance de longues années durant, la politique de protection consulaire, non seulement pour dévier les « autochtones » mais surtout pour déstabiliser les assises du Makhzen à des fins inavouées, cette France se trouva piégée dans son propre jeu ! Pour dénoncer, par la voix de ses représentants tant civils que militaires les méfaits de « la protection » allemande qui avait dépassé, d’après eux les limites du tolérable !

LA COLONIE ALLEMANDE DE CASABLANCA ET L’OCCUPATION FRANCAISE.

La presse de l’époque :

-K.F correspondait avec la presse pangermanique et adressait régulièrement des rapports sur les opérations menées par l’armée française contre les tribus Chaouia.

-Une délégation représentant la colonie allemande se rendit à Berlin, pour mener une vaste campagne contre l’intervention française.

-Des milliers d’exemplaires, intitulés « Appel des Allemands du Maroc à la nation allemande » critiquant la France, furent distribués à cette occasion à l’initiative de K.F.

 

La légation allemande à Tanger diffusera le journal « Deutch Marokkozeitoung ».

Le « Weser Zeitung » dans son édition du 1 Mai 1908, publia un long article très critique envers la politique française au Maroc. Rappelant l’attachement du peuple marocain à Moulay Hafid, «  dénonçant la pénétration des français vers l’intérieur tout en stigmatisant les atrocités commises par l’armée d’occupation, composée d’un mélange de « aoubach » et de goums, ces derniers recrutés en Algérie pillent et tuent pour entrer chez eux avec le butin récolter lors des razzias en pays Chaouia. Et de conclure Est-ce là la civilisation que compte installer la France »

  • Deutsch Marokkozeitoung publie de son côté le 22 Novembre 1907, un article intitulé « les barbares » dénonçant les allégations de la presse française contre les Marocains « le Maroc est un pays riche, plus riche que l’Algérie Française, il mérite une guerre d’Alsace Lorraine ».

 

André Lichtenberger, dans la France au Maroc :

 Au mois de mai 1912, l’Allemand Hornung écrivait de Berlin à son compatriote Carl Ficke, domicilié au Maroc, une lettre saisie depuis dans les papiers de celui – ci et dont j’extrais les lignes suivantes : « La situation de l’Europe reste très aiguë, on parle beaucoup de la guerre. S’il y a la guerre, il faudrait qu’il fût fait en sorte que pas un français ne sortit vivant de  la Chaouia. » … et l’honorable Carl Ficke a été fusillé pour espionnage.

Hier si arrogants, tous les protégés indigènes allemands sont déchus de leurs privilèges. Arrêtés et fourrés dans les camps de concentration les sujets du Kaiser. Quelques – uns, sur qui pèsent de lourdes charges, sont déférés aux tribunaux militaires ; fusillés les trois plus coupables…

 

Goulven Joseph dans son ouvrage « Les biens austro-allemands à Casablanca », écrit à propos de Carl Ficke :

« Son fondouk, implanté avec son tennis et son jardin sur le tracé du Bd 4 ème Zouave, et sa villa de Mers Sultan ; ce morceau de résistance, ce monument de la superbe de l’Allemagne qui, du haut de la colline, semble vouloir écraser Casablanca sous ses pieds ».

 

Malheureusement, de nombreuses et superbes bâtisses allemandes de la ville de Casablanca, ont été victimes des démolisseurs. Faisant partie du patrimoine architecturale et de la mémoire de la ville, ils aurait été plus élégant de les préserver, l’un des rares monuments qui rappelle, l’histoire de toute une époque est précisément la villa Carl Ficke, il faut souhaiter le voir transformer en musée !

Aussi paradoxale que cela puisse paraître, personne ne rappelle ce lieu, ni dans les circuits guidés du Casa Rétro, ni dans la presse, et encore moins dans les ouvrages « spécialisés » !

Casablanca, appartient à tous ceux et celles qui l’ont bâti, ce sont les entrepreneurs italiens, les architectes européens, les promoteurs venus d’Europe, de Gibraltar et d’Amérique Latine, les espagnols, français, italiens, anglais et allemands !

La splendide demeure de Carl Ficke, abrita des années durant une institution caritative dénommée Pauline Kergomard.

C’est l’actuel Collège Khnata Bent Bekkar !

 

1915                      l’Allemand Carl Ficke, qui parlait couramment l’arabe classique et surtout le dialecte de la Chaouia, un des plus importants commerçant de Casablanca, qui résidait au pied de la colline de Mers – Sultan est arrêté, accusé de «  complot », et «  d’espionnage » traduit devant un conseil de guerre, qui le condamna à la peine de mort, sa maison servi de lieu d’internement de ses compatriotes dont tous les biens ont été confisqués. Il sera exécuté le 28 janvier 1915, sa tombe à été « réhabilitée en 1990 au cimetière d’El Hank.

-Carl Ficke et Richard Grundler ont été condamnés à mort le 13 Janvier 1915 et exécuté le 28 Janvier 1915.

 

Parmi les personnes arrêtées, il y avait le légendaire et sympathique Dr Dobbert, un des premiers médecins de Casablanca, qui s’est installé en 1880, il était le Président du Deutscher Verein In Casablanca.

 

Arrestation des allemands de Casablanca.

Arrestation des allemands de Casablanca.

Au port de Casablanca, arrivée des prisonniers de guerre allemands.

Au port de Casablanca, arrivée des prisonniers de guerre allemands.

La bibliothèque des prisonniers allemands du camp d'El Hank.

La bibliothèque des prisonniers allemands du camp d’El Hank.

Casablanca : La distribution des livres aux prisonniers allemands, du camp d'El Hank.

Casablanca : La distribution des livres aux prisonniers allemands, du camp d’El Hank.

 

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