L’OFFICE CHERIFIEN DE L’HABITAT EUROPEEN A CASABLANCA

[ 0 ] 19 janvier 2014 |

 

VUE AERIENNE DE LA … VILLE EUROPEENNE DE CASABLANCA.

– La ville de Casablanca l’ex Anfa, sera dans un premier temps cantonnée après 1907 à l’intérieur de la muraille.

-A partir de 1912 ( mise en place du système de protectorat) la construction par les européens à l’extérieur de la muraille est désormais autorisées.

-Au départ l’emplacement de ces immeubles (place de France, Bd de la Gare, place Lyautey, Avenue du Général Drude …) prendra le nom de VILLE NOUVELLE.

-La ville qui se trouvait à l’intérieur de la muraille changera d’appellation pour devenir … L’ANCIENNE MEDINA.

-Une fois le principe des nouvelles appellations admis la VILLE NOUVELLE prendra le nom de VILLE EUROPEENNE.

-La propagande soutenue tant sous le protectorat qu’après l’indépendance du Maroc, pour faire de la ville Européenne à travers les centaines de milliers de cartes postales, documentaires, vidéos etc. la … VILLE DE CASABLANCA, reléguant aux oubliettes l’histoire, la mémoire et le patrimoine des autres quartiers de la ville marocaine.

Ce rappel ( pour mémoire ) des constructions pour le logement des européens à pour objectif de … s’interroger sur les raisons et les motivations du silence qui pèse sur cet aspect de l’urbanisation  de la « ville » et de l’absence de « publicité » de la part des spécialistes par rapport, à titre d’exemple seulement, au fameux et non moins célèbre immeuble mondialement connu sous le nom de « nid d’hirondelles » édifiés au Hay Mohammedi ex Carrières Centrales …

Dans le même état d’esprit, les logements du personnel marocain de la Cosumar sont « mondialement » connus, en revanche ceux du personnel européen ne le sont pas ?

Il y a comme un défaut …

La première décision relative à la nomination de la commission municipale, revient à Monsieur le Résident Général Lyautey Hubert. C'est lui qui va mettre en place, la méthode de nomination qui sera mise en pratique de 1912 à 1956. A quoi bon organiser des élections !!!

La première décision relative à la nomination de la commission municipale, revient à Monsieur le Résident Général Lyautey Hubert. C’est lui qui va mettre en place, la méthode de nomination qui sera mise en pratique de 1912 à 1956.
A quoi bon organiser des élections ?

 

La ville Européenne telle qu'elle existait sous le protectorat, vue et corrigée par les autorités de l'époque. Les appellations du type "centre ville" "ville nouvelle" etc. constituent une falsification d'un grand pan de l'histoire, la mémoire et le patrimoine de la ville Européenne. Toutes les communautés étrangères ont participer à l'édification de cette ville à son animation et sa renommée.

La ville Européenne telle qu’elle existait sous le protectorat, vue et corrigée par les autorités de l’époque.
Les appellations du type « centre ville » « ville nouvelle » etc. constituent une falsification d’un grand pan de l’histoire, la mémoire et le patrimoine de la ville Européenne.

Un article du journal Le Monde. La photo du Bd Mohammed V porte la légende suivante "Les immeubles Arts déco Bd Mohammed V, dans l'ancien quartier colonial français".

Un article du journal Le Monde. La photo du Bd Mohammed V porte la légende suivante :

 « Les immeubles Arts déco Bd Mohammed V, dans l’ancien quartier colonial français »

 

L’habitat européen construit par les soins de l’Office Chérifien, fait partie du patrimoine et de la mémoire de la ville européenne de Casablanca.

Il devrait (normalement) au même titre que l’habitat réservé aux marocains (Hay Mohammedi ex Carrières Centrales…) faire partie de l’histoire de la ville…

Sous le protectorat, il était formellement interdit (pour la presse Mas de l’époque) d’évoquer la présence d’habitat pour Européen. Étrange attitude, qui prive l’histoire de la ville Européenne, d’un de ses aspects les plus significatifs.

Même les gourou de la … carte  postale n’osent pas prendre le risque et encore moins se hasarder à publier des images relatifs à l’habitat européen  à Casablanca.

Ils s’agit pourtant de beaux immeubles qui devraient faire partie du patrimoine de la ville !

Silence, on tourne …

UNE PARTIE DE LA VILLE EUROPEENNE DONT L'ESTHETIQUE CORRESPOND PARFAITEMENT AU TYPE DE CONSTRUCTION EN EUROPE.

UNE PARTIE DE LA VILLE EUROPEENNE DONT L’ESTHETIQUE CORRESPOND PARFAITEMENT AU TYPE DES CONSTRUCTIONS EN EUROPE ET AUX BESOINS SPECIFIQUES DE LA POPULATION ETRANGERE CONCERNEE.

Anfa, Dar El Baida, Casablanca : Les deux villes en 1920. Au delà de la ville européenne, un rajout des quartiers de la périphérie, tels que nos Derbs, Bidonvilles etc. feront partie intégrante de la ville arabe.

Anfa, Dar El Baida, Casablanca : Les deux villes en 1920. Au delà de la ville européenne, un rajout des quartiers de la périphérie, tels que nos Derbs, Bidonvilles etc. feront partie intégrante de la ville arabe.

 

Extraits de CASABLANCA Mythes et figures d’une aventure urbaine de Jean-Louis Cohen et Monique Eleb :

 LES HABITATS EUROPEENS
Entre 1942 et 1950 : 2150 logements européens sont construits, soit à peine 240 par an.
La « cité Jardin » du quartier Bourgogne, la plus grande opération publique jamais entreprise pour les Européens de Casablanca.
Ensemble constitué d’immeubles « de qualités », réservés en priorité aux fonctionnaires, aux militaires et aux anciens combattants européens…
Bordant le boulevard circulaire conduisant à l’océan, la cité s’affiche sur le boulevard par la porte urbaine monumentale du bâtiment que Pierre Chassagne achève en 1948.  Cet immeuble imposant de cinq étages en format de H etc…
La plupart des chambres font 16 M2 (sans compter la loggia) et les Living-rooms 35 M2. Les cuisines (plus de 10 M2) sont associées à de grandes buanderies comprenant
les w-c des domestiques.
Des rangements sont installés dans les dégagements.
D’autres projets verront le jour à travers les bâtiments du Bd des Régiments Coloniaux, Rue Sauvage, Rue Bouardel, Beaulieu, Bournazel etc.
Par ailleurs le Comité interprofessionnel du logement – C I L – réalise à Aïn Sebaa, le lotissement Germaine qui rassemble villas et immeubles,
il est inauguré par Philippe Boniface (Chef de la région civile de Casablanca).
-Le Président de la Fédération des associations familiales françaises du Maroc, insiste, en 1953, dans une supplique au résident général Guillaume, sur la nécessité de construire des logements moyens pour des familles  » qui se trouvent contraintes de vivre dans des garages ou des taudis dans des conditions d’hygiène et de promiscuité inacceptables »
Pour réaliser son projet d’habitat européen, le service de l’habitat, soustrait momentanément, après bien des discussions, la majorité des crédits nécessaires à ces constructions
des crédits destinés à l’habitat Marocains …
Le C I L aménage un lotissement dont les parcelles viabilisées sont cédées à PRIX COUTANT aux acquéreurs …
-En 1954, la CIFM Compagnie immobilière franco-marocaine, entreprend la construction de ce qui sera le plus grand ensemble de Casablanca, la cité Bournazel !!!
Les habitants (européens) ont accès à deux centres commerciaux et à des centres administratifs, artisanal et scolaire, entourés de terrains de sport et de jeux.
Conçue pour des Européens, la cité sera, après l’indépendance habitée par des … marocains !


Sous le protectorat :
La place Mohammed V ex place Lyautey.
– A partir de la droite, le tertre qui représentait la baraque du quartier général des Généraux Drude et d’Amade.
Classé monument historique.
– Le monument commémoratif du débarquement des forces armées en août 1907.
Déplacé dans les jardins du Consulat Général de France de Casablanca.
– La statue équestre du premier Résident Général, le Maréchal Lyautey, déplacée à l’intérieur des jardins du Consulat Général de France de Casablanca.
– Au fond, la statue équestre de la victoire, connue aussi sous le nom de statue de l’amitié franco-marocaine.
Déplacée à Senlis en France.

LA CITE DES JEUNES OU LA SÉGRÉGATION PAR STATUT

Lorsque les décideurs publics annoncent en 1955 qu’ils entendent mêler les types d’habitat panachant des villas, des petits immeubles bas et de grandes barres dans un parc, il est clair qu’ils tentent sur le tard

de compenser une ségrégation par quartiers des plus cynique.

Comme on l’a vu, les quartiers de Casablanca ne sont pas seulement structurés par appartenance religieuse, ethnique ou par pays d’origine, mais ils sont aussi définis par classe sociale et niveau économique.

Bien qu’il existe quelques quartiers centraux où la mixité est un fait, on peut dire que

la classe moyenne européenne

réside à

Beauséjour à Beaulieu,

les Espagnols et les Italiens pauvres au Maarif où aux Roches-Noires.

Les Européens et les juifs fortunés à Anfa,

Les Marocains aisés au Polo et les musulmans modestes à la nouvelle médina où à Aïn Chock.

De nombreux commerçants et les artisans, toutes provenance confondues, habitent les quartiers du centre de la ville,

à l’exception des Marocains musulmans

qui résident loin de leurs boutiques dans les quartiers qui leurs sont réservés.

Les logements pour les fonctionnaires ou pour les cheminots se multiplient au même moment, en général regroupés dans des petits immeubles ou des barres discrètes.

La plus importante de ces opérations est la cité Maréchal Lyautey construit pour l O.C.L.M. Pour loger les forces de maintien de l’ordre

appelées à CONTENIR le mouvement national,

les militaires construirons aussi, au milieu des années 1950, aux limites du centre ( ville Européenne ) de grandes barres d’habitations, comme celle de la caserne Jean Courtin ( Brahim Roudani ) qui se dressent face au Lycée de Jeunes filles sur le Bd Circulaire ( Mohammed Zerktouni ).

H I S T O R I Q U E

La fin du Protectorat est aussi marquée, dans une évidente symétrie avec la période qui a suivi le débarquement de 1907, par une emprise accrue de l’armée sur la ville.

Aussi, deux opérations, dénommées Anfa II et Anfa III, lancées par le C I L, dans le quartier de l’Hippodrome, sont-elles effectuées par réquisitions en 1955, pour loger des gendarmes mobiles alors qu’elles sont encore en chantier. La société Suisse de construction du Maroc, ou Sucom, avait commencé en 1953 à construire pour le groupe immobilier Anfa, un vaste ensemble de vingt six immeubles d’habitations, destinés à être vendus en copropriété. Dans les années 1950, la projection par les opérateurs du logement social du modèle de la famille nucléaire française et de ses modes de vie est une autre caractéristique des projets pour les Marocains musulmans …

 Vue aérienne du quartier Bourgogne, construit par l’Office chérifien de l’Habitat Européen.
 
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 Dotés de toutes les commodités propres à restituer l’ambiance Européenne (marché, église, brasserie, club sportif, banque, associations etc.) ces quartiers portaient des noms de lieu ou de personnalités ex : Bournazel, Gauthier, Cité Lyautey, Jonquière, Foncière etc.

 

 

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