3 – LE MAROC AVANT LE … PROTECTORAT

[ 0 ] 13 décembre 2015 |

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De l'histoire ... simplement : La ville de Dar El Baida - Casablanca, avant le protectorat, le premier port du Maroc, des fonctionnaires de haut niveau, c'est l'une des rares villes du Maroc où S.M. le Sultan est représenté par un Khalifat, en l'occurrence Moulay Lamrani, qui présida avec compétence, la commission d'indemnisation, après le bombardement d'août 1907. Cette commission comprenait les consuls de la France, Angleterre, Espagne, Italie etc. Le pacha de la ville de Casablanca - Dar El Baida, n'est autre que l'ancien ministre de la guerre Si Mohammed El Guebbas ... Suivrons les grandes personnalités Casablancaises tels que les membres des familles Benkirane, Si Mohammed Soufi et Si Driss Filali. Le Corps Consulaire était composé d'éminentes personnalités, notoirement connues pour avoir, pour la plupart, fait carrière dans la diplomatie de leurs pays. On retrouve parmi les personnalités marocaines les plus en vue Si Abderrahman Bricha, issue d'une grande famille de diplomate, originaire de Tétouan, Berrada, Scali, Bennis, Baroudi, Ben Abdesslam et El Maaroufi. Une ville à la tête de laquelle se trouve des personnalités hautement compétentes, se retrouve du jour au lendemain, affublée du surnom de "bourgade" et soumise au contrôle du protectorat ! Le plus étonnant dans cette affaire, c'est d'avoir réussi à faire d'une parenthèse (40 années de protectorat) l'histoire d'un pays comme le Maroc ...

De l’histoire … simplement :
La ville de Dar El Baida – Casablanca, avant le protectorat, le premier port du Maroc, des fonctionnaires de haut niveau, c’est l’une des rares villes du Maroc où S.M. le Sultan est représenté par un Khalifat, en l’occurrence Moulay Lamrani, qui présida avec compétence, la commission d’indemnisation, après le bombardement d’août 1907. Cette commission comprenait les consuls de la France, Angleterre, Espagne, Italie etc.
Le pacha de la ville de Casablanca – Dar El Baida, n’est autre que l’ancien ministre de la guerre Si Mohammed El Guebbas … Suivrons les grandes personnalités Casablancaises tels que les membres des familles Benkirane, Si Mohammed Soufi et Si Driss Filali.
Le Corps Consulaire était composé d’éminentes personnalités, notoirement connues pour avoir, pour la plupart, fait carrière dans la diplomatie de leurs pays.
On retrouve parmi les personnalités marocaines les plus en vue Si Abderrahman Bricha, issue d’une grande famille de diplomate, originaire de Tétouan, Berrada, Scali, Bennis, Baroudi, Ben Abdesslam et El Maaroufi.
Une ville à la tête de laquelle se trouve des personnalités hautement compétentes, se retrouve du jour au lendemain, affublée du surnom de « bourgade » et soumise au contrôle du protectorat !
Le plus étonnant dans cette affaire, c’est d’avoir réussi à faire d’une parenthèse (40 années de protectorat) l’histoire d’un pays comme le Maroc …

Carte éditée par l'Echo d'Oran pour les 25 ans de mandat du député Eugène-Etienne. Parmi les personnalités qui faisaient partie de cercle rapproché du député, se trouve, le général Lyautey ...

Carte éditée par l’Echo d’Oran pour les 25 ans de mandat du député Eugène-Etienne.
Parmi les personnalités qui faisaient partie de cercle rapproché du député, se trouve, le général Lyautey …

Source CRAPOUILLOT.

Il ne s’agissait plus, comme au temps de Bugeaud, de vaincre et soumettre par les armes les autorités indigènes pour gouverner le pays à leur place.
La conquête et l’administration directe, c’est aujourd’hui le « vieux jeu » en matière coloniale. Le nouveau jeu consiste à gouverner les populations par l’intermédiaire de leurs chefs nationaux -quitte à partager ensuite avec ceux-ci les profits de l’exploitation en commun des habitants et des térritoires.
La convention du 8 avril 1904, par laquelle l’Angleterre nous cédait le Maroc (qui ne lui appartenait d’ailleurs pas), était conçue dans cet esprit nouveau.
La France s’engageait à respecter l’intégrité du Maroc, et la souveraineté du Chérif et les institutions traditionnelles de l’Islam. Sa mission consistait à « prêter assistance au Maroc pour toutes les réformes administratives, économiques, financi-res et militaires dont il a besoin ».
En l’espèce, voici le plan qu’on arrêta à Paris :
a) Les Français prêteront de l’argent au sultan. Il en avait déjà eu besoin : mais très habilement, il avait négocié ses emprunts à la fois à Londres, Paris et Madrid, afin de neutraliser les exigences de ses bailleurs de fonds.
Un syndicat de financiers français se forma autour de la Banque de Paris et des Pays-Bas. Il obtint de contacter, au nom du sultan, un premier emprunt de 60 millions, destiné à rembourser les sommes prêtées par Londres et Madrid.
Ainsi la France devint l’unique créancier du Maroc. On ne peut pas imaginer une forme plus aimable de pénétration. Abde-el-Aziz laissa faire.
b) Mais à des emprunts, il faut des garanties. Dans ces pays, où le gouvernement est faible, l’impôt n’est pas sûr. On prendra donc les douanes.
Les populations s’y prêtent volontiers; car, en apparence, c’est l’Européen qui paie, et le commerce européen y consent de bon coeur, car il se rattrape sur l’indigène.
De plus, les Européens paient en or; cet or sera centralisé dans une caisse et cette caisse sera réservée au service de l’emprunt (intêret et amortissement). C’est par cette méthode qu’on a procédé en Chine, dans l’Empire Ottoman et en Egypte. C’est ce procédé qu’on appliquera au Maroc, où le gouvernement français « organisera l’administration douanières » conformément à l’article 4 de la convention.
Ainsi apparait le premier facteur de pénétration : la Banque.
c) Le second, ce sont les Travaux Publics. Le Maroc n’a pas de routes, encore moins de chemins de fer; il faut lui en donner. C’est un cadeau que la civilisation européenne fait toujours aux peuples jeunes. Or, si l’on regarde la carte des chemins de fer algériens, on voit qu’ils se divisent en deux branches : l’une vers Tlemcen, s’arrête brusquement à l’entrée des riches palmes de la moulouya, l’autre s’enfonce vers le sud, jusqu’a Figuig; l’une tend vers Fès, au Nord, l’autre tend vers Marrakech, au Sud. Pourquoi ne pas les pousser jusqu’à ces deux capitales ? La métallurgie française y pourvoira; depuis queques années, elle manquait de commande. Après avoir couvert la France de voies ferrées à grande section, elle avait dû se rabattre sur les chemins de fer départementaux, et cette ressource même commençait à lui faire défaut. Trop inférieure à ses rivales anglaise, allemande et américaine, pour aborder les marchés mondiaux, elle s’était rabattue sur les colonies. Elle avait construit pour des centaines de millions de rails et de matériel pour l’Indochine, Madagascar, l’Afrique occidentale. Le Maroc viendrait à ppint, quand ces travaux seront terminés. Ce sera d’ailleurs, pour les financiers, une occasion de nouveaux emprunts à souscrire et à lancer. Ainsi, les deux groupes métallurgistes et financiers, la Banque et l’Usine, se sont trouvés d’accord pour une politique marocaine.
d) Mais ce n’est pas tout. Les relations ainsi multipliées, entre la France et le Maroc, les lignes de navigation deviennent des intermédiaires nécessaires. Elles transportent le matériel des chemins de fer. Ceux-ci permettront le développement du commerce dans l’intérieur. Ils apporteront à la côte le blé, l’orge, le bétail, les oeufs, les cuirs, les fruits que produit le pays. Le trafic et les frets augmenteront.
Ainsi les grandes compagnies de navigation et les chambres de commerce des grands ports français : Marseille, Cette (Sète), Bordeaux, Nantes s’interessèrent au projet.
e) Enfin, il ne fallait pas oublier les Algériens (Européens d’Algérie). Ceux-ci, très remuants et groupés autour de M. Etienne, non seulement voyaient dans la mainmise sur le Maroc, la sécurité de leur frontière, mais ils rêvaient la mise en valeur des riches plaines de la Moulouya, de Fès, du Haouz, l’association avec les indigènes, peut-être même la propriété des terres.
Et ils savent que le Maroc, exposé aux vents de l’Océan, est plus arrosé, partant plus fertile que leur Algérie.
Ainsi, Algériens (Européens d’Algérie) et Français (de la Métropole), chemins de fer et paquebots, métallurgistes et financiers, s’orientèrent rapidement vers une pénétration parocaine. La diplomatie n’avait plus qu’à préparer les voies.

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